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Le Poète (Manière de Manifeste)

Poëme-bohème sonnet composé en 2019, extrait du recueil Comme une lettre à ton ombre - Carnets en vers septains et autres poésies (A.J.B. Minime Jr., éd. Maison Les Minime's, mai 2021).


Ah ! je désire tout ; à moi

Dame sycomore, le Cantique,

Les égéries, à l’envi !

Adieu, ego, piètre aloi.

Que descendent les muses, que joue

De sa lyre Apollon ivre ;

Exaltées les Valkyries,

Par le brouhaha des fous !

Qu’elles viennent y combattre : raison,

Cette volupté des étrons

Crèvent fossoyeurs d’ancre et d’art

Seule éternelle est la plume.

Et qu’en tout virevolte l’âme

Règne l'Idéal absolu.


  • Dame Sycomore : la déesse Hathor, protectrice de la musique, de la beauté, de l’amour et du plaisir. Selon la mythologie égyptienne antique, l’arbre sycomore établissait la liaison spirituelle entre l’humanité, terre des pharaons, et le royaume des Cieux.

  • Le Cantique : Cantique des cantiques, ou Chant de Salomon, légendaire roi d’Israël, est un livre composant la Bible connu pour son onctuosité poétique. Allégorie de l’agapé grecque ; l’amour universel.

  • Égérie : inspiration, intuition créatrice de l’artiste, de l’orfèvre/artisan littérateur.

  • Ego : individualisme.

  • Muses : dans la cosmogonie hellène, ce sont les gardiennes de l’Histoire du monde à travers l’Art. Filles de Zeus, roi de l’Olympe, et de Mnémosyne, déesse de la Mémoire et du Langage. Elles sont les messagères des divinités auprès des poètes ( aèdes ), considéré en tant que prophètes ( transis par les oracles ). De par cette conception, le poète serait un visionnaire, un être mystique parmi les mortels.

  • Apollon : dieu grec des Arts ( anciens : poésie, musique, théâtre ). Musagète, conducteur des Muses. Son instrument, la lyre, enfantera le lyrisme, thème central de la poésie romantique.

  • Valkyries : dans la mythologie nordique ( Viking ), en vieux Norrois, « fées choisissant les morts». Elles avaient pour mission de prélever, sur les champs de bataille terrestres ou bien dans leur trépas paisible, les valeureux humains qui combattraient aux côtés d’Odin ( Dieu des dieux ) lors du Ragnarök ( l’Apocalypse, la fin des Temps ). Ici, la mention des valkyries agrémente, par allégorie, l’aura mystique et évanescente du poète, élu des Cieux guerroyant de manière symbolique avec la plume. Notion de « Poéthique » : éthique, engagement, militantisme du poète. La valkyrie défend le poète acculé aux remparts de ( la forteresse de ) l’Humanité ( le cœur ) par son ennemie : la Raison.

  • Raison : critique de la philosophie des Lumières, et de son sillage : capitalisme et industrialisation ( matérialisme), suprématie de la science sur l’art et le vivant, tyrannie du réel sur le rêve.

  • Ancre : ancre de bateau, notion d’ancrage, de stabilité. Ici, il s’agit d’une métaphore in absentia de l’introspection, du retour aux sources vers le naturel bon de l’être humain. Critique d’une société libérale où l’on ne prend plus le temps de soi.

  • Âme : ici, employé comme synonyme du mot « passion », dans l’idée d’ « habiter poétiquement le monde » ( célèbre citation de Fiedrich Hölderlin, poète et philosophe allemand du XVIIIe). Thème romantique.

  • Idéal : contrepied à la mélancolie, au spleen baudelairien, au « mal du siècle ». « C’est l'aspiration vers la perfection, vers le monde des Idées où toute contrainte est effacée.» Thème romantique et symbolique.


« Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,

Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,

Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,

Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.

Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,

Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,

Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses

Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.


Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abîme,

C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,

Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans,


Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,

Qui tors paisiblement dans une pose étrange

Tes appas façonnés aux bouches des Titans” ,

L’Idéal de Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857.


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